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L’hypothèque, c’est beaucoup plus qu’un TAUX !

Selon la définition théorique, une hypothèque immobilière est une sûreté, c’est-à-dire un droit accordé à un créancier sur un bien immobilier en garantie d’une dette. Il s’agit, selon le Code civil du Québec, d’un accessoire du prêt, car l’hypothèque n’est pas le prêt en lui- même, mais bien le mécanisme par lequel l’emprunteur offre au prêteur la propriété en garantie. L’emprunteur donne ainsi droit au créancier de saisir l’immeuble et de le vendre afin de se payer en cas de non-paiement. Le Code civil du Québec prévoit notamment que, pour être valide, l’hypothèque immobilière doit être créée par acte notarié en minute.

Au-delà de son aspect juridique, le prêt hypothécaire constitue l’une des plus importantes obligations financières des ménages québécois et un investissement complexe. Pourtant, une grande majorité d’emprunteurs pourraient difficilement expliquer autre chose au sujet de leur hypothèque que le taux s’y rattachant. Si celui-ci est effectivement un aspect important à considérer lorsque vient le temps de négocier son prêt hypothécaire, le choix du produit l’est tout autant. Que vous préfériez un taux fixe, pour la stabilité des paiements qu’il vous garantit, un taux variable, qui a historiquement été plus économique, mais plus risqué, un produit hybride ou une marge de crédit hypothécaire, il est nécessaire de bien

comprendre vos options afin d’opter pour un produit qui correspond à votre réalité et qui vous permettra d’économiser à long terme.

De plus, il est essentiel de s’attarder aux modalités du prêt qui vous est offert. Certaines modalités de paiement, telles que le paiement accéléré et le pourcentage autorisé en remboursements anticipés, pourraient avoir un impact encore plus marqué que le taux sur la réduction des intérêts payés. L’amortissement de votre prêt, généralement 20, 25 ou 30 ans*, a également une influence importante sur le coût total de l’emprunt, car si le montant des paiements est moindre lorsque réparti sur une plus longue période, le montant total des intérêts est, quant à lui, plus élevé. La mise de fonds, soit le montant qui ne sera pas inclus dans le financement hypothécaire, joue également dans l’équation des intérêts payés. Plus votre mise de fonds est importante, moins élevé est le montant à financer sur lequel vous devrez payer des intérêts.

Pour conclure, l’hypothèque demeure un instrument complexe pour lequel je n’ai pu effleurer ici que certains éléments. Il s’agit non seulement d’un emprunt nécessaire à la majorité d’entre nous pour acquérir une propriété, mais également d’un engagement majeur qui peut affecter,

positivement ou négativement, notre santé financière. N’hésitez donc pas à obtenir les conseils d’un professionnel lorsque vient le temps de négocier votre prêt hypothécaire. Ses recommandations pourraient être plus fiables que celles du beau-frère…

*L’amortissement de 30 ans n’est permis qu’avec une mise de fonds initiale de 20%